Immigrés en Destin le Clip

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Album Le Chant des Possibles

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Le Manège de la Vie Le Clip

Album A Bout de Couples

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lundi 18 juin 2018

Révolution Copernicienne à l’Adolescence


Enfant nos parents sont pour nous le soleil fixe
De ce monde étrange qu'au loin nous percevons.
Monde qui tourne autour de leur centre en rond,
Qu'ils sont alors puissants dans notre esprit prolixe !

Valeurs-refuges nous aidant,
Géniteurs et étalons-or
Tout contre lesquels on s’endort
Ils calment nos rages de dents.

Une fois adultes, univers d’expansion,
Nous nous éloignons d'eux, qui d'eux-mêmes s'en vont
Dans une des banlieues lointaines aux environs
Du monde productif dans lequel nous vivons.

A nos yeux les voici comme démonétisés,
Des valeurs en flottement généralisé.
Car ce monde, que nous pensions qu’ils maîtrisaient,
Comme ils l’avaient subi...comme nous désormais !

Et lancinante alors est la rage dedans
Qu'apaisent à grand-peine les dimanches émollients.



lundi 21 mai 2018

Toits et Moi

En sa contre plongée sur les toits de Paris
Le regard embrasse d’incongrus paradis,
Tout proches et pourtant loin des perspectives planes
Des façades hautement policées de Haussmann,
Faubourgs sédimentés le long des siècles enfuis
Qui poussèrent sans plan, en totale anarchie.

Dedans les reculées et sombres arrière-cours
De ce royaume indu, où seul le zinc a cours
La vie coule indifférente aux bruits assourdis
Que la ville alentour en fond sonore ourdit.

Plus haut, sans vis-à-vis, la vie est invisible !
Comme uniques arbres, des antennes ostensibles
Et s’y éparpille le ciel aux mille coins
Lorsqu’il se reflète dans les lucarnes au loin.

Au lever du soleil tout comme à son coucher,
La pointe de ces Monts [de fer]-Blanc intouchés
Se teinte d’un rose très doux et sans épines,
Furtive floraison qui trop vite décline.

On imagine un intrépide Belmondo
Courant sur les nus-toits, glissant après sa cible,
Au vertige rendu par sa course insensible.
Ou bien, un poète oublié sous les rideaux,
Caressant ce chat noir langoureux qui minaude
Et d’une fenêtre l’autre, se baguenaude.

lundi 26 mars 2018

Les Parisiens


Qu’ils ont de ces têtes, les Parisiens !
Orgueilleux autant que des Pharisiens,
À voir leur tête qui l’veau bien, ils semblent
N’apprécier jamais d’être mis ensemble
Mais cependant viennent s’agglomérer,
En l’agglomération s’agglutiner ?!

Tous les jours leur visage prend le masque,
Dur et cassant pour les êtres fantasques,
De celui qui est de tout revenu
Et n’veut rien voir de toi, ni qui es-tu.

Et pourtant, qu’il crue, qu’il neige ou qu’il grève,
En ces beaux moments d’entraide et de trêve,
Ce masque alors tombe sans coup férir,
Laissant voir, inattendu ! un sourire !

lundi 5 mars 2018

Les Champs Economiques


Le damier des champs, vu des hauteurs,
Cet Arc-en-Terre tout en couleurs,
Jadis voyait ses colorations
Suivre le changement des saisons.

Mais aujourd’hui il fluctue au rythme
Qu’un tel décide par algorithme,
Au rythme du cours des subventions
Ou des soutiens à l’exportation.

Cours qui poussent, envers et contre tout,
À épargner ce bosquet debout
Ou multiplier cet effet de serres
Qui recouvre nos champs de verrières.

À planter blé jaune ou maïs vert
[Voraces cultures fourragères !]
Ou laisser ce champ-là en jachère
[Alors que la denrée est si chère !].

La nature, plus que des saisons,
Dépend aujourd’hui des subventions !
La Raison humaine a ses raisons,
Aveugles aux saisons, d’où l’oraison.



lundi 26 février 2018

Mise en Abîmes

Boire à la bouteille, en bateau ivre
De l’ivresse des profondeurs
Où le soleil pâlit comme une lune.

Se mouvoir au rythme du logarithme
Dans ce monde du non-linéaire,
Sous le ciel de l’exponentielle.

En cette densité pourtant se sentir léger !
Oui, dans ces fortes pressions
Faire fi des terrestres pressions.

Au sein de la ressource halieutique,
Replonger dans le liquide amniotique
Et se faire une bulle au sein de ces bulles.

Ici, où tout survit et où tout meurt
Voir le cycle de la vie, évident,
Qu’à terre l’on oublie trop souvent.

S’avancer, le visage masqué,
Dans un carnaval de couleurs
Improbable de probabilités !

Comprendre Darwin et ses combinaisons
Durant cette Évolution parmi les protozoaires,
Unicellulaires mais doués d’autonomie, déjà
Avec leurs stratégies de survie, mutines.
  
Chercher à économiser l’air
Gaspillé en vaines paroles à terre
Pour se donner l’air
Et se taire. Monde de silences en mer.

Y saisir que l’air, tout comme la liberté,
Impalpable et gratuit à terre,
Ne prend sa vraie valeur
Que lorsqu’il nous est compté.

Surtout, surtout, voler ! Sous l’eau !
Rendant grâce à Archimède,
D’un geste de palmes, académique
Épousant le relief des coraux.
………………………………………….

Las ! Refaire surface, à l’air qu’on dit : libre
Et se sentir étouffé…parmi la nuée,

Tout comme cet Albatros, bien empêtré.


jeudi 8 février 2018

La Mémoire de l'Eau


Un homme au cœur pourtant desséché
Soudainement se met à pleurer
Lorsqu’il évoque ces violences
Après cinquante ans d’un lourd silence.

Une femme à la peau toute craquelée
Pense à ces eaux-fortes qui coulaient
Au moment de ses étreintes physiques
Bien des années après, dans sa clinique.

La rose d'un désert recuit
Renaît d'une éphémère pluie
Se souvenant qu'elle n'est pas morte
Quand l'eau du ciel enfin lui fait cohorte.

Eaux de la mémoire, mémoires de l’eau !

samedi 27 janvier 2018

La Courbe des Ans

En mon for intérieur un être faible gît,
Oh combien erratique est son chemin de vie !
Quant à mes actes ils assouvissent des désirs
Eux-mêmes au jour le jour résultats du Hasard.

Cependant, me déniant ce libre opportunisme
D’obscurs statisticiens crient au déterminisme !
Mes anticipations pour eux sont rationnelles
Et mes passions même n’ont rien d’irrationnel !

Ce que j’ai d’intime, ce que j’ai d’intérieur,
Est agrégé par eux au Produit Intérieur.

A leurs yeux je ne suis qu’un point sur une courbe
Qui stagne en ce moment, et cela les perturbe !
Mais, croyez-moi, je fais ce que je peux pourtant
Pour y croî(t)re encore, et aller de l’avant !

Pour eux simple donnée d'abstraites équations
Au fond de moi je sais mon inadéquation
En ce temps où je sens ma propre trajectoire
Comme l’économie, commencer à déchoir.

Et quand j’entends certains prôner la décroissance,
Qu’ils sachent que pour moi, déjà, elle s’avance !
Quand s’éloigne à grands pas ma douce adolescence

Et mon potentiel, avec elle, de croissance…


jeudi 18 janvier 2018

Le Fil d’Ariane des Pensées

Lorsque je suis en attente d’idées,
Tout comme fait la patiente araignée
Je tends d’abstraites toiles aux mauvais vents
Puis, sans bouger, je me fige en rêvant…

Que vienne l’Inspiration, belle obole !
Toute vibrante encore en son envol
Et tintinnabulante en sa lancée,
Se prendre au fil d’Ariane des pensées.

Sur Elle alors, je vais en bondissant !
Pour en tirer le plus bel aliment,
Ration de mon imaginaire aride
Dont j’aspire jusqu’à la moelle, avide !

Échouée, lamentablement, en lambeaux,
D’Elle ne subsiste que la carcasse
Tandis que, repu je pars au repos,

A l’affût des proies prochaines qui passent.

lundi 1 janvier 2018

Le Mythe de la Caverne

Lorsque j'étais enfant, coupé de la vraie vie,
Le monde tout entier, péri et féeries,
Dans des livres s’ouvrît, ceux de géographie,
Ouverts à mon regard ivre d’iconographie.

Ce sont ces manuels qui dès le plus jeune âge
Me firent découvrir dans leurs arides pages
De tous les peuples de la Terre le visage,
De tous pays, mêmes austères, les paysages.

Aujourd'hui encore, nombre de mes voyages
Se font dans ma tête avec d’ abstraites images
Et je vis à travers ce qui m'est relaté
Avec l’espoir mince que rien n’est  frelaté.

Oui, du vaste monde, ma grande connaissance
Est cet enseignement que j’ai pris, à distance
Et déjà je pressens que ma biographie

Pourra se résumer… en bibliographie.


samedi 23 décembre 2017

Rouge à Rêves !

Je suis le Père Noël
Du comité du personnel !
Je joue ce jeu pour la joie
Et l’esprit collectifs
Et de loin on m’aperçoit
Avec ma boule de tifs.

D’habitude dans cette usine
Je bosse dans les cuisines
Mais quand j’passe mon rouge à rêves
Que j'prends l'air bonhomme et mièvre
Alors, pour c’boulot d’un jour
On m’voit sous un nouveau jour.

Sous les jaunes projecteurs
Je suis le rouge protecteur !
J’éparpille des papillotes
Prises la main dans le sac
Avec sur le dos cette hotte
Qui me cache, guère de trac !

Les tout-petits encore y croient,
Les plus grands, déjà rebelles,
Avec attention me dévisagent
Et tirent ma barbe à papa Noël
D’autres, qui ont passé l’âge,
M'renvoient un air narquois.

Je reçois des commandes
Et je fais des réprimandes
À ceux qui ne furent pas sages !
Je fais de belles promesses
Qui jamais ne m’engagent
À de petites princesses.

À travers mes gros sourcils
Je devine de jolies mères
Aux formes graciles
Et aux yeux de Chimère.
Pour elles ardemment je brûle !
De passer par la cheminée
Pour m’offrir en cadeau,
Enrubanné, enturbanné.

C’est pourquoi quand j’quitte mon déguisement
Je m’sens vide, en cellule de dégrisement

Car pour moi qui étais le Père Noël,
C’est l’moment où j’perds Noël

Pour revenir à mon existence banale,

Pour revenir à mon existence bancale.