lundi 24 février 2025

La Courbe des Ans

Comme toi mes actes assouvissent des désirs
Eux-mêmes au jour le jour, résultats du Hasard
En rendant ô combien erratiques nos vies.
En nos fors intérieurs un être faible gît !

Cependant, nous déniant ce libre opportunisme
D’obscurs statisticiens crient au déterminisme :
Nos anticipations pour eux sont rationnelles
Et nos passions même n’ont rien d’irrationnel !

Le moi le plus intime, le plus intérieur,
N'est que composante du Produit Intérieur.
Nous ne sommes à leurs yeux qu'un point sur cette courbe
Qui stagne en ce moment, et cela les perturbe !

Pour la France ils disent craindre la décroissance
Indifférents au fait que pour tous elle avance, 
Quand s’éloigne à grands pas la douce adolescence
Et le potentiel, avec elle, de croissance.

Mais si, déjà, je sens ma propre trajectoire
Comme leur P.I.B. commencer à déchoir 
Je les prie de croire que je fais tout, pourtant
Pour y croî(t)re encore, et aller de l’avant !



dimanche 23 février 2025

La Vie [Droit] Devant Soi


Je les vois jeunes encore et bien portants
Mais certaines fois pourtant je m’étonne
Que la vie droit devant eux traversant,
De si peu de choses déjà ils s’étonnent.

Aveugles à ce qui s’offre à leurs côtés,
Jamais ils ne s’émerveillent sans peur
Ni ne s’autorisent des à-côtés
Et rien ne vient réveiller leur torpeur.

La vie, ils la parcourent comme un songe,
Décor de western propice aux mensonges
Aperçu au travers de leurs œillères,
En de rapides œillades buissonnières.

Leur route est tracée sur un parchemin,
Celle où, droits, ils sont sur leur droit chemin,
Confortablement calés dans l’ornière,
Qui les guide à la seconde dernière.





Pas Sage, Obligé !

Petite, voici que tu atteins l'âge
Où tu en as vraiment assez du lait.
Soudain, un désir d'arômes moins sages
Aux saveurs davantage acidulées,
Que tu ne connais certes pas encore
Mais dont tu pressens l'envie, prend ton corps.

Envolée l'insouciance de l'enfance
Qui jamais ne rime avec innocence
Voilà que se profile l'adolescence
Et ses sensibles soucis d'apparence.

Toi, toute novice recrue des sens
Tu contemples cette recrudescence
Que tu voudrais freiner et maîtriser 
Mais qui se poursuit, de gré ou de force,
À l'image des seins qui ont poussé
Sans que tu y agrées sur ton torse.

La zone de tous les dangers s'avance !
Pour qu'en toi tu puisses prendre confiance
Il te faudra changer tes références,
Il te faudra trouver ta différence.

Et que de passages obligés commodes
Par l'écoute des chanteurs à la mode
Autant que le port de jeans taille basse
Exposant ton nombril à marée basse !

Ou bien celui de créer ton propre blog
Que tu nourriras d'intimes dialogues
Qui ne seront pas forcément très sages,
Où tu mêleras en vrac des images
De têtes de mort et de noirs cercueils,
Auprès de cœurs, de loirs et d'écureuils.
  
Mais je sais bien, paradoxe charmant,
Qu'un jour contre toute attente, vraiment,
Naîtra de ce conformisme effréné
Ta véritable adulte identité.


Fil d’Ariane de mes Pensées

Lorsque je suis en attente d’idées,
Comme le fait la patiente araignée
Je tends d’abstraites toiles aux mauvais vents
Puis, sans bouger, je me fige en rêvant…

Pour saisir l’Inspiration, belle obole !
Toute vibrante encor en son envol
Et tintinnabulante en sa lancée,
Prise aux fils d’Ariane de mes pensées.

Sur Elle alors je vais en bondissant !
Pour en tirer son plus bel aliment,
Ration de mon imaginaire aride
Que j’aspire jusqu’à la moelle, avide !

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Lamentablement échouée, en lambeaux,
D’Elle ne subsiste que sa carcasse
Tandis que, repu, je pars au repos
A l’affût des prochaines proies qui passent.



samedi 22 février 2025

Paraît-Royal


Plante au Palais-Royal, je n'suis qu'un petit arbre
Parmi les cent statues toutes de riche marbre
Et que de jalousie ailleurs cela génère !
Car envieux au dehors sont mes verts congénères
Qui donneraient tout, tout ! pour déployer leurs tiges
En cet auguste lieu au renom de prestige !

Tous, nous sommes plantés selon une enfilade
Qui du Palais voisin singe les colonnades,
Belle perspective en juste honneur à ce lieu,
La Mecque plus ultra de l’esprit Richelieu !

Identique aux tilleuls plantés par vos aïeuls,
Rien n’arrête l'œil sur notre mur de feuilles
Qui se dresse droit, fier, en hautes frondaisons.
Ici, règne à légion l’ordre Napoléon !

Moi et mes compères par ailleurs inspirâmes
Colette, dont ici subsiste encore l’âme
Et qui pourrait croire à voir tant d’Institutions
Qu'y foisonnait, jadis, la crue prostitution ?

J’entends dire certains, assez malignement,
Que nous ne serions là que pour l'alignement.
Et alors !? Il nous sied d’être décoratifs,
Toujours à la pointe et élégants, tels des ifs,
Orgueilleux il est vrai, de notre ombre agréable
Procurée aux crânes des hommes d’État glabres.

Je dois bien confesser que jamais en revanche
Je ne puis librement déployer mes branches
Alors que mes cousins des belles forêts franches
Eux, poussent en liberté, et comme ça les branche !

Ce noble élagage, que l’on dit en marquise,
Où aucun végétal ne peut faire à sa guise
Fait que l’hiver venu on nous coupe au carré
Car croître n’est permis que sur un seul côté.

Rude entaille quand même !! Sans égards estropié !!
Qui j’avoue fait venir l’envie de décamper,
Planter-là ce jardin qu'on dit à la française
Pour qui sait, un beau jour, oui, filer...à l’anglaise !


(P)rose du désert


Une vie semblable aux lignes en traits pointillés,
Passant de grands vides où l’envie s’en est allée
A d'intenses instants où tu débordes de force,
Épousant la forme que prend le code Morse.

Quand les alizés d’hier, qui gonflaient tes voiles
Et haut te maintenaient soudain, mettent les voiles,
Te laissant assoiffé et privé d’eau potable,
Coi et prostré, homme en attente interminable,
Seul à ronger ton frein, sans voir ni port ni but,
Privé de Substance, comme atteint du scorbut.

Pareil à cette Rose des déserts arides
Qui du beau temps lasse, prie la pluie, même acide !
Et dans l’intervalle n’a guère d’existence,
Spectacle vivant d'une vie d'intermittence.



jeudi 27 avril 2023

Retour à Point de Départ


Sur quatre ou sur deux roues, tracté par un moteur,
Cinq fois j’ai parcouru le tour de l'équateur !
Et pourtant loin d'avoir fait un seul tour du Monde
C'n'est qu'autour de Paris ! que j'ai fait cette ronde.

Plaqué ! Comme un linge dedans une essoreuse
Paris m'a retenu par la Force des Choses,
Elle, inexorable ! qui ramène en son Centre
Les êtres que tentent d'attirantes tangentes.


Du vaste monde ainsi ces cercles concentriques
Ne m'ont donné que vue courte, et Périphérique

Et de son quotidien, ces circonférences
Trop vite parcourues, de vagues connaissances.


C'est un fait que certains s'en vont braver la mort
Alors qu'au grand jamais je n'ai quitté le port.

Qu'au bilan, loin d'être un courageux Magellan
J'n'aurai eu qu'ombrageux et trop sages élans !




dimanche 7 août 2022

Message in a Google

 

Dans le réseau numérique du monde
Comme des prières (….)
De ne pas répondre
Je balance des bouteilles à la mer,
Mes messages privés (….)
De destinataires.
 
Qui débutent leur errance et s’enfuient 
Dans l’air et le wifi,
Deviennent des ondes qui font le tour du monde 
Deviennent des ondes autour du monde.
 
Puis débouchent dans le haut débit 
Du Stream, et finissent ainsi 
En la mer de métal, calme mer morte 
Où s’accumulent nos mémoires mortes.
 
Dans le réseau numérique du monde
Comme des prières (….)
De ne pas répondre
Je balance des bouteilles à la mer,
Mes messages privés (….)
De destinataires.
 
Marqués au Fer des moteurs de recherche  
Des hommes amateurs de recherche
Au hasard les découvrent à Alger, Bali ou Paris ! 
Au hasard, les ouvrent, Jamais internet ne tarit.
 
Sur l’écran s’arrête leur réel  
Instant où prend chair le virtuel 
N’y comprennent rien, peut-être sourient ? 
Puis repassent aux vraies choses, ainsi va la vie  !
 
Dans ce réseau homérique du monde
Comme des prières (...)
De ne pas répandre…
J’ai balancé des bouteilles à la mer
Qui restèrent privées (…)
De destinataire !


Voilà la raison d'être de ce site ;) La chanson "Message in a google" est en écoute ici : https://www.youtube.com/watch?v=gcgySft2tX0&list=OLAK5uy_mgx30j_ZD1hvWzseOtncJ3qR4jOTohHwo&index=7

Les bruits-âges de la vie

Bruit des enfants le matin Au petit déjeuner, Leur gazouillement festif ! Quand s’annonçait la journée, rayonnante. Bruit des adultes le mid...