lundi 30 mai 2016

Lamentation de l’Alimentation


Pour l’humanité le paradigme terrestre
Jamais ne fut celui du paradis terrestre.

Si les hommes pouvaient se nourrir de cailloux
Que la Terre rendrait, généreuse pour tous !
Si l’eau salée des mers pouvait désaltérer
Que boire cesserait d’être si malaisé !

Belle utopie ! Car sans cesse il nous faut creuser
Et sarcler, traire extraire élever et puiser,
Dévorer le Vivant, ton semblable, ton frère
Et jusqu'aux animaux qu'on dit aimer si cher.

Eux qui ont l’aimable prétention d’oser être
Proches de nous et domestiqués, peut-être ?

lundi 16 mai 2016

Végétations


La loi de la nature pour la flore
Est l’incessant combat pour la lumière
Car elle vit des synthèses chimiques
De sa photosynthèse cyclique.

La course s’effectue droit vers le ciel
Là où se trouvent les places au soleil !
Là-haut, comme des capteurs de photons,
Foisonnent les feuilles vertes à foison.

Les racines en bas ressemblent à des câbles
Enterrés au sol dans l’humus friable
Où la sève, ce fluide circulant,
Coule électrique identique au courant.

Et sous l’ombrelle de la canopée
On peut presque entendre la mélopée
De ces plantes qui restèrent incolores,
Cachées dans le bois qui les priva d’or.

………………………………………………

Pieds enracinés dans l’humain humus
Si fertile en bourbeuses contingences
Comme ces plantes au sol, nous végétons.

Comme elles, pour atteindre l’éthéré,
Affrontant la loi de la Gravité,

Contre les pesanteurs nous combattrons !


lundi 9 mai 2016

Pas Sage Obligé !


Petite, voilà que tu atteins l'âge
Où tu en as vraiment assez du lait !
Un désir soudain d'arômes moins sages
Aux saveurs davantage acidulées
Que tu ne connais certes pas encore
Mais dont tu pressens l'envie, prend ton corps.

Envolée l'insouciance de l'enfance
Qui jamais ne rime avec innocence
Voici qu’est survenue l'adolescence
Et ses sensibles soucis d'apparence.

Toi, jeune et  novice recrue des sens
Tu contemples cette recrudescence
Que tu voudrais freiner et maîtriser 
Mais qui se poursuit, de gré ou de force
À l'image des seins qui ont poussé
Sans que tu y agrées sur ton torse.

La zone de tous les dangers s'avance !
Pour qu'en toi tu puisses prendre confiance
Il va falloir changer tes références,
Il te faudra trouver ta différence.

Et que de passages obligés commodes
Par l'écoute des chanteurs à la mode
Autant que le port de jeans taille basse
Exposant ton nombril à marée basse.

Ou bien celui de créer ton propre blog
Que tu nourriras d'intimes dialogues
Qui ne seront pas forcément très sages,
Où tu mettras sans doute des images
De têtes de mort, ou de noirs cercueils
Auprès de cœurs, de loirs et d'écureuils.
  
Mais je sais bien, paradoxe charmant,
Qu'un jour contre toute attente, vraiment,
Naîtra de ce conformisme effréné

Ta véritable adulte identité.


mardi 3 mai 2016

Jardin d'Enfance



Dans ce parc verdoyant de ma première enfance,
Dérisoire terreau  de mes premières errances
Où s'enracinent tant, et tant de souvenirs,
Où jeune se planta le décor à venir...

Jadis, il résumait pour moi le monde entier
Moi qui ne voyais pas au delà du quartier
Mais où, en découvrant ses verts panoramas
Je me prenais, enfant, pour Vasco de Gama !

Parcourant aujourd’hui ses chemins ombragés,
En traces du passé encore si chargés,
C'est en ma mémoire, oui, qu'alors je me meus,
Empruntant ses canaux, étranges et ombrageux.

J'entrevois des arbres à la croissance rapide
Aux bizarres branches, au départ intrépides
Qui crurent un temps mais sans atteindre le ciel,
Tout comme moi gonflés d’espoir artificiel.

Je m’arrête à l’ombre de jeunes rires en fleur
Et je m'allonge dans le sens de la langueur
En bord de clairière aux lumineux souvenirs,
Contempler d’autres vies, des yeux les soutenir.

Ailleurs, dans le jardin taillé en labyrinthe
Je m'égare en pensées au milieu des jacinthes,
Dans mon passé autant tortueux et tordu
Où je ne peux trouver ni dessein, ni issue.

Dans le grand pré, des ronces voraces ont surgi
Comme ces épines qui m’occupent l'esprit,
Griffant l'insouciance, qui s'est évanouie
Et les verts paradis, d’avec leur force inouïe.

Tandis que je pense à des connaissances anciennes
Qui prirent la fuite,
Des passants insouciants s’en vont et puis s’en viennent,
Qui prendront la suite.






lundi 25 avril 2016

Retour à Point de Départ


Sur quatre ou sur deux roues, tracté par un moteur,
J’ai parcouru cinq fois le tour de l'équateur.
Mais pourtant, bien loin d'avoir fait le tour du monde
C'est autour de Paris que j'ai fait une ronde !

Plaqué comme du linge dans une essoreuse,
La ville m’a saisi ! Par la Force des choses !
Inexorablement ramenant vers son Centre
Les êtres que tente une attirante tangente
Et bien plus puissante que celle centrifuge,
Elle a annihilé mes vagues envies de fugue,

Ainsi, du Grand Monde, ces cercles concentriques
M'ont laissé la vision fausse et périphérique
Et de son quotidien, mes cent circonférences
Ne m’ont donné qu’une lointaine connaissance.

C'est un fait que certains s'en vont braver la mort
Alors qu'au grand jamais je n'ai quitté le port !
Parce que, loin d'être un courageux Magellan,
Je n'eus que d’ombrageux et trop sages élans.



lundi 18 avril 2016

La Vie [droit] Devant Soi


Je les vois jeunes encore et bien portants
Mais certaines fois pourtant je m’étonne
Que la vie droit devant eux traversant,
De si peu de choses déjà ils s’étonnent.

Aveugles à ce qui s’offre à leurs côtés
Jamais ils ne s’émerveillent sans peur
Ni ne s’autorisent des à-côtés
Et rien ne vient réveiller leur torpeur.

La vie, ils la parcourent comme un songe,
Décor de western propice aux mensonges
Qu’ils aperçoivent à travers leurs œillères
En de rapides œillades buissonnières.

Leur route est tracée sur un parchemin,
Celle même où droits sur leur droit chemin
Confortables, ils sont calés dans l’ornière

Qui les guide à la seconde dernière.

lundi 11 avril 2016

Géo-Maîtrise


Le monde moderne est celui des lignes droites.

Bâties par l’Homme, travail de fourmi,
Les routes éventrent le vert ondoyant
Qu’elles outrepassent avec force et mépris, 
Se riant des courbes et cours d’eau riants !

Le monde moderne est celui des lignes droites.

Avec leur implacable quadrillage
Ces lignes opèrent un remembrement
Des molles et lentes sinuosités,
Courbures de l’espace nées du temps
Qui condamnées ne sont plus usitées,
Striant l'héritage de leur placage.

Le monde moderne est celui des lignes droites.

Jusqu’en nos cieux, les traînées des avions
Crèvent les nuages aux formes bizarres
Et de nuit leurs feux sont constellations
Qui redessinent la Voûte au hasard.

Jusqu’au cœur même des forêts profondes
D’inattendus alignements rappellent
Que la main de l’Homme est toujours féconde
Qui géo-maîtrise le végétal.

Le monde moderne est celui des lignes droites

Directement issues, en droite ligne
Du dur Manifeste des Futuristes,
De vitesses avides du rectiligne,
Des communications, du haut débit
Elles offrent au regard des lignes de fuite
Et le sont pour ceux qui sur elles fuient.

Le monde moderne est celui des lignes droites

Mais pourtant la Terre est toujours ronde !
Faudra-t-il l’aplatir comme limande
Et qu’enfin se touchent ses antipodes 

Pour accélérer nos vies en ce monde ?

lundi 4 avril 2016

Club Méduse

Pareils aux méduses au hasard qui musardent
Certains d'entre nous vont au hasard en voguant
Au gré de maints courants, de pensée et de mode,
Tels de quelconques sacs coincés dans un ressac.

Comme elles, ils ont coupé leur cerveau, laissant faire, 
Etres identiquement flasques, d'où rien ne fuse.
Mais penser n’est-il pas inutile aux méduses
Qui avec leur forme filaire prolifèrent ? 


Les bruits-âges de la vie

Bruit des enfants le matin Au petit déjeuner, Leur gazouillement festif ! Quand s’annonçait la journée, rayonnante. Bruit des adultes le mid...